Libération : Technologie et data, une légitimité prometteuse pour la gestion RH

Libération : Technologie et data, une légitimité prometteuse pour la gestion RH

Jean-Louis Perol, Directeur général de Clustree, un service qui met le Big Data au service de la gestion des ressources humaines, ne conçoit pas le futur sans la technologie.

L’emploi est au cœur de toutes les préoccupations, du citoyen à l’entreprise en passant par les organisations gouvernementales. L’ADN des directions de ressources humaines est bien d’attirer de nouveaux talents, puis de développer le potentiel des collaborateurs. Ce sont des acteurs majeurs dans la fluidification et le développement de l’emploi. Jusqu’à présent, leurs prises de décision reposaient beaucoup sur leur intuition.

Mais, dès aujourd’hui, cette fonction est forcée de se transformer et de s’adapter aux prémices d’une nouvelle organisation du travail, qui laisse plus d’autonomie aux collaborateurs dans leur choix d’évolution. De plus la réalité économique contemporaine s’est complexifiée et est extrêmement mouvante. Elle impose aux entreprises de faire simultanément preuve de productivité et d’innovation et donc demande une adaptation constante et continue des effectifs et des compétences. Beaucoup d’industries sont en phase de disruption et les Ressources Humaines peuvent être au cœur de cette révolution, quand par exemple 50% des métiers et compétences de demain n’existent pas aujourd’hui.

Parce que le contexte est de plus en plus exigeant, que tout va trop vite, et qu’il y a de plus en plus de paramètres à gérer : turnover, fuite des talents, nouveaux métiers chaque année ; la fonction Ressources Humaines a besoin de s’appuyer sur les données pour répondre à ses enjeux d’accélération dans les prises de décision. De plus, elle ne peut plus seulement être une fonction intuitive, elle doit également se baser sur un discours de preuves apporté par les faits et les données pour prendre les meilleures décisions possibles.

Le moteur d’une gestion RH plus riche

Bien que certains soient encore assez réfractaires à l’évocation du mot «big data», à la fois par crainte de ne pouvoir s’adapter à cette technologie mais aussi de se retrouver dans un rôle de pur exécutant, l’avenir ne s’écrira pas sans data et technologie associée. En effet, la plupart des départements RH sont assis sur de l’or noir qu’ils peuvent exploiter : les données internes des salariés qui ont mémorisé tout un foisonnement d’enseignements.

De plus, en ne se limitant pas qu’à la donnée interne, mais en analysant des millions de données de parcours de professionnels dans le monde entier, la fonction RH dépasse la simple connaissance et capitalisation de ses pratiques internes pour la confronter à d’autres approches, diverses et alternatives, venant d’autres pays ou d’autres secteurs d’activité.

La data, interne et externe, permet donc d’ouvrir considérablement son champ de vision, mais surtout de sortir des stéréotypes ou clonages établis, souvent culturels ou sectoriels, et de libérer beaucoup plus de possibilités pour leurs prises de décisions toujours justifiées.

Des données au service de l’intuition RH

Néanmoins, le traitement de la donnée est un terreau riche qu’il faut maîtriser et interpréter pour en tirer le meilleur parti. C’est sur ces propositions de décisions et enseignements que la fonction RH va pouvoir capitaliser pour élever sa fonction à un niveau encore plus stratégique et décisionnel.

Le big data et les algorithmes ne se substitueront pas à l’intelligence des décisions RH ; en fait, ils permettent une meilleure expression de cette intelligence par des preuves factuelles. Ce sont des faisceaux d’indices qui aident à mieux comprendre une réalité et révéler ses multiples vérités.

Il est vraiment fondamental de comprendre que si la data devient incontournable, elle n’est pas indépendante ; toute sa valeur se trouve dans la lecture et l’interprétation de cette information par une intelligence humaine. La meilleure illustration est de voir la data comme une clé : ce sera toujours à vous, RH, d’ouvrir la porte.

Jean-Louis Perol Directeur général de Clustree

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