Libération : Les algorithmes sont un moyen de casser les idées reçues

Libération : Les algorithmes sont un moyen de casser les idées reçues

A la tête de Clustree, un service d'analyse de données pour les ressources humaines, Bénédicte de Raphélis Soissan explique que le Big Data permet d’embaucher mieux. Interview.

Qu’est-ce que Clustree ?
Clustree est la première solution Software as a service (SaaS) de «Talent Management» intelligente. Nous collectons les données de millions de parcours professionnels pour aider les Ressources humaines à orienter des décisions de carrières ou de postes.

En quoi le Big Data peut-il rendre la gestion des ressources humaines plus efficace ?
La gestion de données permet d’élargir leur champ de vision et de trouver des profils auxquels elles n’auraient pas pensé. Les algorithmes font des propositions de carrières originales et souvent pertinentes : dans une entreprise en moyenne 67 % des parcours pourraient être transversaux, alors qu’il y a actuellement 80% de parcours classiques. C’est également un moyen pour les RH de consacrer plus de temps à l’humain.

Les algorithmes peuvent-ils contrer la discrimination à l’embauche ?
Tout à fait ! Les données que nous traitons permettent de révéler toutes les potentialités en allant au-delà des stéréotypes. Notre analyse ne tient compte ni du genre, ni de la provenance ou du prestige de l’école. Souvent les recruteurs privilégient des grandes écoles comme Sciences-Po, HEC et passent à côté de profils très intéressants. De même l’analyse des données fait sortir des profils de femmes pour des postes à responsabilité, alors qu’elles sont peu nombreuses à occuper ces places. Les algorithmes sont un moyen de casser les idées reçues.

Quelles sont les précautions à prendre pour faire parler ces données ?
Il est nécessaire de normaliser les données pour mieux le comparer, notamment s’il s’agit de secteurs d’activité ou de pays différents. Les données doivent également être exhaustives, assez riches et détaillées pour que nos résultats soient pertinents.

Pensez-vous que les algorithmes peuvent se substituer à notre pouvoir de décision ?
Non, les résultats que nous obtenons ne sont pas une vérité absolue. Notre travail consiste d’ailleurs à accompagner les ressources humaines, afin de les inviter à prendre du recul sur ces données. C’est seulement un support pour orienter leur intuition et leur intelligence.

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