Les Echos : Un senior peut être un sérieux atout pour une start-up

Les Echos : Un senior peut être un sérieux atout pour une start-up

Elle a 29 ans, et a fondé la start-up Clustree. Lui a deux fois son âge, et vient d'être embauché pour l'épauler dans la direction de cette start-up ! Bénédicte de Raphélis Soissan et Jean-Louis Pérol sont désormais sur le même bateau.

Un senior peut être un sérieux atout pour une start-up. Sa sagesse, son expérience, son carnet d’adresses constituent des ressources clés pour booster le business. Clustree qui accompagne les entreprises dans leur gestion de carrières et de recrutements, en a fait l’expérience. Alors que la moyenne d’âge dans l'entreprise est à peine de 31 ans, Bénédicte de Raphélis Soissan, fondatrice et CEO, vient d'embaucher Jean-Louis Pérol, 58 ans, comme General Manager. « Je cherchais un directeur commercial pour débuter la commercialisation de notre solution SaaS de Talent Management Intelligence, lorsque l’on m’a présenté Jean-Louis. Cela a été un véritable coup de cœur professionnel, témoigne la jeune femme de 29 ans. Depuis un an, nous bénéficions de son expertise et réfléchissons sur du long terme pour anticiper des questions sur le marché, le positionnement, la clientèle, etc. Au final, la différence d’âge et d’horizon est une vraie richesse. »

Imaginer que seule la Gen Y digitalisée peut travailler dans une start-up est un leure

La start-up a appliqué ce qu’elle promeut dans le secteur des RH : promouvoir la transversalité et la mobilité des carrières, regarder le potentiel et la capacité d’adaptation des talents et « ne pas enfermer des gens dans des silos, explique la jeune femme. On a tendance à penser qu’un senior est incompatible avec le monde des start-ups car il faut penser vite, révolutionner des marchés, être en rupture, etc. C’est un leurre d’imaginer qu’il n’y a que la génération Y digitalisée qui peut y travailler ».

Jean-Louis Pérol est arrivé à un moment clé, juste après une levée de fonds de 2,5 millions d’euros, pour structurer sa commercialisation. Son arrivée a permis à la start-up de se développer plus vite et d’envisager sereinement l’ouverture du marché américain dès 2017. « Sur le marché du talent management qui représente 5 milliards d’euros à travers le monde, les Etats-Unis en représentent la moitié». Grâce à une relation de confiance établie depuis un an au sein de ce duo atypique, la CEO envisage désormais sereinement de s’installer aux Etats-Unis dès l’année prochaine, tandis que le General Manager prendra les rênes de la start-up à Paris.

Le secteur des RH est conservateur... Jean-louis Pérol est rassurant

Si Jean-Louis Pérol est issu du monde conventionnel des RH, notamment chez ADP, Bénédicte de Raphélis Soissan affiche un parcours moins traditionnel, et cherche à révolutionner les codes du secteur. Cette complémentarité leur a permis de construire une vision commune et d’avancer ensemble. Grâce aux feed-backs de Jean-Louis, Bénédicte a solidifié sa vision de départ afin de la rendre commercialisable. « Il nous a permis de connaître les RH de l’intérieur, au-delà de la vision que l’on a du marché et chez nos clients », témoigne-t-elle. « Je l’ai challengée sur sa vision versus la vision traditionnelle que j’ai de ce secteur, pour que nous puissions nous accorder. Nous avons défini et sécurisé le chemin à parcourir, depuis la mise sur le marché à la façon de communiquer car le secteur des RH est très conservateur. Il ne faut pas être trop rapide », explique Jean-Louis Pérol.

La start-up capitalise sur des données internes et externes aux entreprises pour apporter un discours de preuve aux décisions RH. Clustree aide ainsi de grandes entreprises du Cac40 dans la gestion des carrières. Ancien DG d’ADP et directeur développement international de Meta4, Jean-Louis Pérol possède une expérience de 30 ans dans des grands groupes du secteur des RH. « C’est une fierté d’avoir réussi à l’attirer et un gage de qualité et de crédibilité tant pour nos clients que pour nos salariés. Cela prouve que nous voulons aller loin. Avec son expérience, il y a énormément de sujets sur lesquels il peut contribuer et apporter de la valeur. » Jean-Louis Pérol joue un rôle de sage au sein de la start-up, l’équipe de 25 collaborateurs le concerte régulièrement. « Il nous éclaire et nous permet de mieux comprendre les clients et leur process de prise de décision. En parallèle, il évangélise le marché en montrant ce que les grands groupes doivent faire pour s’adapter au monde des start-ups. C’est une figure rassurante qui permet de fluidifier les relations ».

De son côté, Jean-Louis Pérol a découvert ce nouveau monde du tout communautaire où tout va très vite. « La start-up du lundi n’est pas la même que celle du mardi. » Avant d'entrer chez Clustree, il affirme aussi « avoir beaucoup réfléchi ». Il a du démissionner de son poste et a fait un effort sur sa rémunération, même s'il bénéficie d'un plan pour devenir actionnaire, ce n'en est pas moins un pari sur l'avenir. Concrètement, le duo s'est réparti des périmètres théoriques de travail : à lui le management interne et la gestion clients, à elle le développement externe et le marketing. Toutefois, tous les deux restent largement contributeurs des sujets de l’autre et échangent au quotidien. Dans les faits, ils restent co-leaders et travaillent en étroite cohésion sur le business model. La culture de Clustree s’écrit désormais à quatre mains.

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