Les Echos : ce n’est pas la technologie qui redistribuera les cartes, mais les talents et l’expression de leur potentiel

Les Echos : ce n’est pas la technologie qui redistribuera les cartes, mais les talents et l’expression de leur potentiel

Découvrez la tribune de Bénédicte de Raphélis Soissan parue sur Les Echos, le 27 avril 2014.

Le numérique est en train de créer une vraie rupture. Rupture dans les usages, rupture dans les business models, rupture dans les règles de marché.

Les consommateurs sont d’ailleurs les premiers à évoluer dans leurs comportements, ce qui transforme considérablement les pratiques et les digitalisent.

Avec cette rupture, une idée se propage : les machines vont remplacer les hommes.

La technologie va faire disparaitre certains métiers, et transformer tous les autres

Bien évidemment, comme pour les précédentes ruptures fortes, dont la récente « Troisième Révolution Industrielle », nommée ainsi par Jeremy Rifkin, pour désigner le développement des « nouvelles technologies de l’information et de la communication », la technologie va encore prendre le pas sur certains métiers et les faire disparaître.

Certains domaines seront particulièrement touchés, comme le retail ou la production par exemple.

Mais avant tout, *la rupture créée par le numérique transformera avec force tous les métiers de l’entreprise, *et apportera avec elle une pluralité de nouveaux métiers (responsable expérience client, data scientist, content curator…) qu’il faudra obligatoirement intégrer pour s’adapter.

L’enjeu est fort : faire prendre à ses métiers le virage du numérique ne donnera pas d’avantage compétitif aux entreprises, mais leur permettra plutôt de ne pas disparaitre du paysage.

L’essor du numérique: une destruction créatrice qui va repositionner la valeur des entreprises sur le capital humain

L’entreprise doit ainsi modifier structurellement son fonctionnement traditionnel, faire évoluer ses pratiques et son positionnement sur le marché pour s’adapter à la nouvelle réalité numérique qui s’impose à elle.

Mais, l’adaptation de ses pratiques et de son positionnement passe d’abord et avant tout par l’évolution de ses métiers.

Les technologies et nouvelles pratiques liées à l’émergence du digital vont donc ainsi* recentrer très fortement la valeur des entreprises sur le capital humain : leurs collaborateurs*

La transformation de l’IT est une des priorités.

Jusque là considérée comme une fonction support, elle va devoir se positionner comme un véritable business partner et devenir le socle de l’innovation digitalede l’entreprise :

  • co-innover avec les collaborateurs des différents départements pour accélérer la transformation digitale de l’entreprise en construisant de nouvelles offres, de nouveaux produits
  • optimiser les coûts pour financer les initiatives qui seront prises vers le numérique

Les métiers du marketing vont être transformés en orientation client par l’importance croissante de la « donnée ».

Les processus marketing et opérationnels doivent ainsi s’organiser autour de la donnée et des métiers de la connaissance client :

  • mettre en place un référentiel connaissance client unique et centralisé dans les systèmes d’information existants
  • intégrer de la psychologie aux métiers de connaissance client pour être en mesure d’analyser les données sociales des clients et de déduire de nouvelles segmentations clients.

Pourtant, la transformation des métiers n’est pas encore en marche. 56% des collaborateurs ne sont pas convaincus par l’offre de formations proposée** dans l’accompagnement de la transformation digitale (chiffre TNS Sofres janvier 2015).

Les ressources humaines, clé de voute de la transformation digitale, ou la stratégie du «Digital In, Digital Out».

Réussir à transformer les métiers pour y intégrer le digital passe en fait par positionner le digital lui même à la source de la démarche.

Pour accompagner les salariés dans l’évolution de leurs métiers, l’usage du big data peut considérablement aider les ressources humaines.

S’inspirer des parcours qui existent déjà dans des zones où le numérique est déjà bien installé, mieux comprendre la réalité de ses salariés en analysant leurs données sont autant de dimensions qui permettent de pousser la personnalisation très loin et de mieux cibler les parcours adaptés aux salariés pour les faire évoluer vers le numérique.

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