Les Echos : Data, nouvelle ruée vers l'or pour les startuppeurs européens

Les Echos : Data, nouvelle ruée vers l'or pour les startuppeurs européens

Les investissements se sont élevés au-delà du milliard d'euros entre 2014 et 2015.
L'étude menée par Serena Capital positionne la France sur le podium européen.

Parmi les thématiques « chaudes » du moment auprès des investisseurs, les data. Un terme assez vague qui intègre des notions parfois très différentes, mais que le fonds d'investissement en capital-risque Serena Capital vient d'étudier sur les deux dernières années en Europe. A la clef, quelques enseignements qui devraient aider les investisseurs et les startuppeurs qui souhaitent profiter de cette révolution.

Tendance de fond

Premier constat, les data représentent un secteur de poids dans l'économie des start-up. Lors des deux dernières années, il pèse 1,2 milliard d'euros. Cette somme investie directement dans les jeunes pousses équivaudrait à environ 5 à 10 % des montants levés en Europe, selon Jean-Baptiste Dumont, associé de Serena Capital : « Les deux grands secteurs que sont le logiciel et Internet font chacun entre 20 et 30 % des opérations. Le résultat des montants levés dans le data démontre que ce secteur n'est pas une mode, mais une tendance de fond. Nous sommes sur un rythme de croisière parti pour durer. » Sur les 130 start-up financées entre 2014 et 2015, 74 d'entre elles ont bénéficié de tickets situés entre 1 et 5 millions d'euros, et seulement 26 ont reçu moins d'un million d'euros. « Là encore, nous pouvons observer un signe de maturité du secteur qui a passé le cap des business angels », analyse Jean-Baptiste Dumont. Et dans ce contexte, la France apparaît déjà comme l'un des leaders. Avec 26 pépites soutenues, elle s'inscrit en deuxième position derrière le Royaume-Uni (42), et devant l'Allemagne (16). Cette dernière repasse en revanche devant la France sur les volumes avec 94 millions d'euros, contre 70 millions en France, et 176 millions au Royaume-Uni.

Tous les secteurs concernés

Dans l'Hexagone, on retrouve quelques-unes des pépites dont nous avons déjà parlé, et qui illustrent la richesse des secteurs concernés par la révolution data : Scality et Actility bien sûr, mais aussi Clustree, dans les ressources humaines, dont le dernier tour de table s'élevait à 2,7 millions, ou Alkemics, dans les ad tech qui a levé 5 millions d'euros récemment. La publicité représente le deuxième secteur le plus porteur pour les start-up de le data. En première position, ce que l'associé de Serena Capital nomme « l'intelligence consommateur », et qui rassemble les outils permettant de mieux comprendre les clients à partir d'une base de données. « Cette étude confirme également que le data pénètre tous les secteurs, note Jean-Baptiste Dumont. On retrouve de nombreuses pépites évoluant dans des secteurs traditionnels comme la santé, l'agriculture ou l'énergie, et cela est nouveau. »

Guillaume Bregeras, Les Echos

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