Challenges : Clustree permet aux recruteurs de sortir des profils stéréotypés

Challenges : Clustree permet aux recruteurs de sortir des profils stéréotypés

Dans son dernier numéro, le Club Entrepreneur du magazine Challenges rencontre Bénédicte de Raphélis Soissan, fondatrice et CEO de Clustree.

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Challenges. Votre système analyse 100 millions de profils. Quelles données utilisez-vous?
Bénédicte de Raphélis Soissan.

Nous récupérons les données des salariés
disponibles dans les services de
ressources humaines. En clair, les éléments de CV: les compétences, les formations et les filières, les différents postes occupés, le secteur d'activité... Nous classons ces données, repérons les points communs entre les profils. Ce système nous permet de conseiller de nouveaux
parcours de carrière. Les RH s'appuient sur nos suggestions comme des preuves, plus seulement sur leur intuition.

Comment l'idée vous est-elle venue?
Avant de créer ma start-up, j'ai travaillé pendant quatre ans dans un cabinet de conseil. Pour trouver vers quoi m'orienter ensuite, j' ai
analysé, à la main, le profil de 500 personnes qui avaient une carrière proche de la mienne, et
j' ai regardé ce qu'elles avaient fait comme
métier par la suite. J' ai rapidement envisagé de proposer cette technique aux grandes entreprises.

Les big data sont à la mode en ce moment, avez-vous des concurrents dans votre secteur?
Il y a les acteurs de process RH et
ceux de la data , mais nous avons une approche très particulière. Nous sommes les seuls présents sur l'ensemble de la chaîne de valeur: collecter les données, les normaliser, construire les algorithmes, et proposer une réponse percutante.
Notre business model est celui d'un logiciel en ligne, auquel on s'abonne pour trois ans avec un prix déterminé en fonction des modules choisis: rétention des cadres qui souhaitent partir, mobilité, recrutement en interne ...

Les investisseurs ont su repérer votre point fort. Vous avez levé 2,5 millions d'euros à l'automne. Que comptez-vous faire avec cette somme?
L'objectif de cette deuxième levée de fonds est de conforter notre position de référent sur le marché en France. Aujourd'hui, nous avons une dizaine de clients du CAC 40, comme Orange. Nous aimerions tous les convaincre et démarcher le SBF 250. Cela implique de doubler les effectifs de 22 salariés, ouvrir 12 postes à la fois techniques et commerciaux. Nous allons aussi préparer notre expansion à l'international en testant l'appétence du marché américain.

Quel argument convainc le mieux les grands groupes?
C'est l'argument de la valorisation de la fonction RH. Clustree n'efface pas la partie «humaine» des ressources humaines, mais suggère l'action. C'est ensuite aux RH de la mener à bien. Nous les aidons à convaincre, avec un argument rationnel, les managers qui souvent cherchent un profil stéréotypé, un clonage des candidats. L'autre argument, c'est de pouvoir retenir les talents face au turnover et de faire diminuer les coûts de recrutement. Les salariés peuvent aussi utiliser notre solution pour gérer leur carrière. Dans la banque, par exemple,
un analyste de marché a eu des suggestions pour devenir data scientist alors qu'il n'y aurait pas pensé. Souvent, les salariés se mettent des
barrières eux-mêmes.